dimanche 6 août 2017

Le Jour J

Chaque femme enceinte qui vous racontera son accouchement aura sa version car chaque grossesse et chaque accouchement est différent. Certaines perdent les eaux puis ont des contractions tandis que les autres ont des contractions et on doit leur percer la poche des eaux.
Dans mon cas c’était la première version: j’ai d’abord perdu les eaux et ensuite, un (long) moment après, j’ai eu des contractions.

Chacune s’accordera à dire que c’est un moment redouté. Je m’étais préparée (comme je le pouvais) en lisant, regardant, ou en écoutant le discours des copines.


Je m’étais dit: « c’est aujourd’hui,c’est ton jour» car c’est vrai que le moral est très important. Je savais que j’allais avoir mal, mais je savais que c’était normal et qu’il fallait que j’aide mon fils, que je l’accueille dans ce monde.

Ce qui m’a étonné c’est que lorsque tout va bien et que l’on se retrouve en chambre en attendant que les contractions viennent, c’est presque comme à l’hôtel.
On vous installe et on vous laisse faire votre vie. On vient de temps en temps s’assurer que vous êtes toujours là (lol). J’ai dû demander à plusieurs reprises qu’on m’examine car je ne savais pas si le travail avançait. La sage-femme du service m’a fait remarquer que si le travail avançait, je le sentirais.

Je suis arrivée en chambre en fin de matinée, vers 11h, 11h30. Jusqu’en début d’après-midi tout allait bien. Je sentais mon ventre se contracter mais rien de plus. Je voulais accélérer le travail pour ne pas être déclenchée. Je me suis mis en tête de monter et descendre les escaliers de la clinique dans laquelle j’étais.
Sauf qu’au bout d’un moment, en été, tu fais un effort et tu as vite chaud. Je me suis dit aussi qu’il fallait que je garde des forces pour l’accouchement, pour pousser. Je suis retournée dans ma chambre, on m’a "auscultée" et je n’étais toujours pas en travail. Petite déception. La sage-femme m’a dit qu’il n’y avait pas grand-chose que je pouvais faire pour accélérer le travail.

 Dans l’après-midi, vers 17h30, j’ai commencé à sentir les contractions. Effectivement, j’ai ressenti des douleurs comparables aux règles…au début. Je n’ai pas été "examinée". La douleur augmentait, je me concentrais sur ma respiration en me disant: "c’est bientôt fini".

Fin d’après-midi, début de soirée. Je commençais à avoir vraiment mal. A me plier de douleur. Je voulais savoir si le travail avançait, il devait avancer. La sage-femme m’a auscultée et m’a dit: "le travail commence, vous êtes à 3, on peut descendre en salle de travail et vous poser la péridurale si vous le souhaitez". Ah ah … je souffrais, et je ne savais pas pour combien de temps j’en aurai encore, ca faisait 12h que j’avais perdu les eaux: "oui"… Là elle me demande: "vous pouvez marcher?" La blague! Bien sûr que non!! Je me tordais en deux toutes les deux minutes.
Le temps qu’on prépare tout, qu’on vienne me chercher en fauteuil roulant…. J’ai pris l’ascenseur avec 2 sages-femmes et mon conjoint nous a rejoint par l’autre côté.

Arrivée en salle de travail, on m’a installée sur un lit: je n’ai pas du tout aimé être dans cette position,je ne pouvais pas gérer comme je le voulais la douleur. Le temps qu’on me dise: "je vais chercher l’anesthésiste et j’arrive", une contraction très très forte est arrivée.
Et là, j’ai senti…j’ai senti que malgré moi je poussais… que ce n’était peut-être pas normal, surtout que j’étais censée être au tout début du travail. J’ai appelé.

Une sage-femme, "Anne" est entrée détendue avec l’anesthésiste. Je lui ai tout de suite dit: "Ce n’est pas normal, je pousse et je ne peux pas faire autrement". Elle nous a dit: "C’est bizarre vous étiez à 3 il y a 20 minutes, vous ne devriez pas avoir cette sensation, je vais vous ausculter". Et là : "Mais vous êtes à dilatation totale, je vois la tête, vous accouchez". Ah bon?!
L’anesthésiste m’a passé la main sur le visage et m’a dit "bon courage". J’étais soulagée de ne pas avoir eu recours à la péridurale. J’avais vraiment peur de la seringue, d’avoir mal au dos.

Viens alors le moment que l’on a imaginé. Ma sage-femme, Anne, a été super. On est obligé de s’en remettre à la sage-femme. Elle vous encourage, vous guide. Elle m’a dit de lui dire lorsque j’avais des contractions.
Je ne sais pas si c’est le fait de savoir que si tu pousses c’est à la fois une délivrance et un déchirement mais je n’avais tout d’un coup plus de contractions. Elle m’a dit "on attend".
Le temps est très long dans des moments comme ça. Puis vins une contraction: elle m’a dit de placer mes mains derrière mes genoux et de rentrer un peu la tête en avant.

Viens le moment de pousser. Bon la première fois, je n’ai pas poussé correctement, car elle m’a dit: "vous poussez avec la gorge…". Je fais ce que je peux!! Je me suis concentrée. Je voulais que mon bébé sorte, l’avoir contre moi. Tu prends de l’air, tu bloques, et là tu pousses le plus longtemps possible. Et tel un athlète de haut niveau, on t’encourage: "Allez, c’est bien, continuez, encore".

Anne a su avoir le bon ton, pas trop autoritaire, douce mais directrice. J’ai poussé quelques fois mais j’étais frustrée. Je disais: "Je pousse mais chaque fois il recule". Il fallait qu’il passe le cap de la tête, des épaules. J’ai eu la chance d’avoir mon gynéco qui se trouvait dans le bloc d’à côté, il a donc eu le temps de venir m’accoucher. Il m’a dit: "encore une poussée et il est dehors".

Mon bébé a pleuré en étant toujours à l'intérieur de moi: ouf! Il est bien vivant. La sage-femme m’a proposé de venir le chercher mais je ne m’en sentais pas capable. On me l’a de suite posé sur moi: ça y est j’avais mon bébé: un vrai bonheur!
Je pensais que j’allais pleurer, être submergée par l’émotion mais non, c’était comme si cela était normal: on se prépare tellement à cette rencontre.

La sage-femme m’a demandé si je souhaitais allaiter: j’ai répondu franchement: "je ne sais pas, peut-être, si ça marche oui sinon tant pis". Là elle m’a dit: "c’est oui ou c’est non alors pour vous dites oui". Mais de manière très bienveillante.
On m’a posé mon fils sur le ventre, pour qu’il puisse "ramper" jusqu’à mon sein. Anne m’a aidée pour la position et nous a laissés une demi heure je pense comme ça, et après pareil sur l’autre sein: c’est ce que l’on appelle la tétée d’accueil.

Quand mon fils est sorti, ça ne m’a pas plus impressionné que ça: on voit toujours des images de bébé bleu, avec beaucoup de sang…. Mais lorsqu’il s’agit de son propre enfant, la fatigue aidant...…on ne le voit pas. Le mien avait beaucoup de "vernix caseosa", du beurre comme dirait son père.
Avec un mois d’avance il pesait tout de même 3.160 kgs. Un beau petit bébé!
Après l’accouchement, il faut expulser le placenta. J’ai eu de la chance, je l’ai fait dans la foulée de l’expulsion de mon bébé.

Le papa, je n’en ai pas parlé, était bien sûr avec moi tout le temps. Il m’a soutenu lorsque j’avais mal, n’a pas montré de stress, d’angoisse. Pendant les poussées il m’encourageait, pas trop, juste comme il fallait. Heureusement qu’il était là. C’était mon repère, il m’a apaisé, et avec lui à mes côtés je savais que je pouvais le faire. Comme finalement j’ai accouché "rapidement", je n’ai pas eu l’occasion de lui faire la "misère": pas d’insultes, de cris…. Je suis restée trop sage lol

L’accouchement est beaucoup redouté, mais je n’ai pas eu la nostalgie du ventre vide: je voulais mon bébé, retrouver mon corps et pouvoir le serrer fort contre moi.

La question qu’on nous a posée, une fois notre bébé né était: "quel prénom vous lui avez donné?" Très bonne question à laquelle nous n’avions pas trouvé la réponse. Après cette journée de questionnement nous hésitions toujours entre deux…. Nous nous sommes mis d’accord sur son prénom le lendemain matin…Je voulais profiter au maximum de ses premiers moments à 3.
Après toutes ces émotions, c'était le moment du retour en chambre.
Une nouvelle vie à 3 allait commencer….

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